31
May
2026

Première fête des mères

31 May 2026

Aujourd'hui, c'était ma première fête des mères. Mon amour de bébé a désormais vécu plus longtemps dans ce monde que dans mon ventre, et il est bien loin aujourd'hui du nouveau-né fragile aux yeux mi-clos : il accourt à quatre pattes pour me rejoindre, il attrape les jouets que lui tend le chien, il rit aux éclats lorsque son père le lance dans les airs… et moi aussi, j'ai grandement évolué depuis ma renaissance en tant que mère.

Nous avons tous deux franchi un cap extrêmement attendu, il y a un mois : des nuits complètes. J'ai enfin, à la fois, mes soirées pour moi et un sommeil vraiment réparateur ; deux choses absolument nécessaires pour me sentir vraiment bien au quotidien, et auxquelles il ne manque plus qu'un espace bien à moi de silence et de création. Au moins, maintenant que j'ai toute ma tête, je pense pouvoir confirmer avec davantage d'objectivité certaines observations faites pendant cette matrescence presque aussi longue que la grossesse…

Il faut choisir ses batailles

Maternage proximale ou carrière, temps ou argent, fait main ou confort, allaitement ou énergie, cododo ou intimité, portage, cuisine, ménage, loisirs, sommeil… Il est difficile de tout concilier, et finalement, là est notre point commun à toutes : nous ne pouvons pas être sur tous les fronts. Aussi, les batailles que nous abandonnons nécessairement en en priorisant d'autres, ouvrent un boulevard à la critique, dans lequel s'engouffrent non pas nos sœurs ayant fait des choix différents, mais nos aînées les plus prétentieuses.

En effet, après mon accouchement, j'ai découvert le revers de la médaille de la sororité entre mères, à savoir la compétition entre mères, là où je l'attendais le moins : de la part des boomers.

Je pensais que les femmes de cette génération, ayant déjà terminé d'élever leurs enfants, seraient plus enclines à en parler avec bienveillance et détachement, que des jeunes mères à bout et sur la défensive, étant elles-même submergées par les pressions intérieures et extérieures dans leur actuelle parentalité. Or, c'est tout le contraire, je ne reçois que de la bienveillance de la part des autres jeunes mères, et ce malgré nos choix drastiquement différents ; tandis que les boomers y vont allègrement sur les commentaires et les faux conseils, leur "expérience" (avoir élevé deux enfants il y a plus de trente ans...) leur conférant assez de vanité pour proférer des arguments d'autorité.

Et puis je me suis dit qu'après tout, ce n'est pas si surprenant de la part de la génération la plus narcissique que nous puissions côtoyer : celle qui se targue d'être meilleure que celles qui la précèdent, celle qui conçoit difficilement que celles qui lui succèdent puissent faire mieux, bref, celle qui prend de haut tout le monde. Comble de la mauvaise foi, elle se vante d'avoir parfaitement élevé ma génération mais se moque ouvertement de ses failles : attachement anxieux, perte de repères, difficultés à s'engager, explosion de maladies chroniques... sans s'en sentir le moins du monde responsable.

Si vous faites partie de ces dames intrusives et imbues d'elles-même, qui tiennent à donner leur opinion sur tout et se persuadent de n'avoir rien à apprendre de personne, sachez que personne ne veut prendre exemple sur vous non plus. Les hochements de tête silencieux face à vos vantardises sont moins vraisemblablement les signaux d'une admiration béate que la fuite des conflits que votre égo obèse déclenche au moindre désaccord... Nous devons choisir nos batailles, et votre approbation n'en fait plus partie.

Les contraintes révèlent les opportunités

Tout s'est adouci lorsque j'ai transformé "je dois" en "j'ai la chance de pouvoir" : promener mon fils pour le calmer, allaiter mon fils pour l'endormir…

Chaque épreuve peut être relevée, chaque problème a sa solution.

Ce changement de regard m'a également permis de comprendre que ma vie à moi n'a pas à attendre que mes enfants soient grands pour reprendre. Un acte de foi quotidien qui rend le chemin plus paisible, et aussi enviable que la destination.

C'est juste une saison

Tout passe.