18
May
2023

Des vacances imprévisibles

Cela n'avait pas été calculé, mais entre mes congés payés obligatoires à prendre avant début juin et les jours fériés de mai, je me suis retrouvée avec presque un mois de vacances. Les plus longues depuis que je travaille en tant qu'ingénieur. Comme toujours lorsque je prends du temps pour moi, j'ai mis un peu de distance avec la partie sociale d'internet, et je reviens avec bon gros sac d'anecdotes... plus ou moins marquantes.

Un voyage raté

La première semaine était un séjour à Lyon, durant lequel je devais assister au concert de Divine Shade, donné en l'honneur des 30 ans de Rémi et des 45 ans de Bertrand. En raison du nombre de personnes à héberger, les capacités de Bertrand étaient à leur maximum, et j'ai donc élu domicile à Tassin le jour J, chez Thanh qui avait gentiment répondu à ma recherche de bout de canapé. Sur le chemin de chez Bertrand à chez Thanh, mon corps a trouvé judicieux de faire un malaise vagal... manifestement, quelque chose que j'avais mangé n'est pas passé, toujours est-il que j'ai passé la soirée nauséeuse chez Thanh, avec son fils Milan qui m'a appris à conduire droit sur Mario Kart, et une pile de BD de mon adolescence.

Au moins, ce fut une occasion d'avancer le projet associatif d'Espace Pose, avec Bertrand pour la rédaction des statuts et avec Thanh pour son partage d'expérience.

De manière inattendue, suite à une interaction inopinée sur Instagram, j'ai repris contact avec Alexandra Banti, une photographe avec qui j'ai beaucoup collaboré il y a quelques années et que j'avais perdue de vue. Nous avons beaucoup parlé de nos rapports respectifs à la spiritualité, dont il pourrait sembler étonnant qu'ils se rejoignent de par les chemins très éloignés que nous avons parcourus (j'ai été élevée de manière athée, Alexandra dans la religion catholique, je suis toujours seule dans mon cheminement, Alexandra a un groupe de Soufies...), et j'ai remarqué avec un peu d'amertume que les retours de nos amies communes avaient été extrêmement réducteurs en la ramenant à la mode New Age.

Un anniversaire touchant

Pour célébrer les 30 ans de mon cher et tendre la seconde semaine, nous avons organisé un weekend avec ses plus proches amis à la maison. En parallèle de la partie officielle, nous avons préparé quelques surprises dans son dos, et en tant que petite amie, je me suis naturellement désignée responsable pour chapeauter la cagnotte, les cartes et les cadeaux, alors que j'avais en parallèle un projet d'edito mariage... Cela a été un stress immense, mais tout en a valu la peine. J'ai énormément ri sur notre conversation secrète, et j'ai pu réaliser à quel point Quentin est aimé.

Un ami de l'INSA m'a suggéré d'héberger mes futures vidéos autour du traitement photo sur Udemy. Après avoir parcouru la plateforme, j'ai pu constater qu'il n'existe rien sur la retouche beauté avec des logiciels open source. Ce sera un énorme travail, mais j'ai hâte de tourner ces vidéos.

Un ami à la maison

Un ancien colocataire de Quentin, qui avait dû quitter Dijon, avait quelques congés qu'il a passés avec nous pour la troisième semaine. Ce fut une joyeuse semaine d'apéros et de jeux pendant que je développais le template pour le futur site de Marilyne.

Naïve que j'étais, je pensais boucler ce dernier en une semaine... eh bien je suis toujours dessus. J'ai trouvé bien plus de manques que j'imaginais en partant d'un template existant, sans compter que les shortcodes dynamiques que je souhaitais utiliser ne fonctionnent pas dans les modules de Grav. Un bug connu paraît-il... j'ai donc tout recréé dans le template, et le simple fait de rajouter des ombres a multiplié le temps consacré aux galeries par trois.
Il me reste actuellement l'internationalisation de l'interface administrateur pour Marilyne qui ne lit pas l'anglais, la mise au propre des noms de classe pour les feuilles de style et l'arrangement de la version mobile avant de pouvoir le proposer comme un template officiel de Grav, adapté aux portfolios créatifs des artistes qui ne veulent pas toucher une ligne de code. Et je pourrai l'utiliser non seulement pour celui de Marilyne, mais aussi pour mon futur site de formations.

Oh, à ce propos ? Après la validation rapide de l'INSEE le 25 avril, je devais démarrer mon activité officiellement le 2 mai. Plus de deux semaines plus tard, je n'ai toujours pas de SIRET car j'attends toujours la validation de la CMA de Bourgogne-Franche-Comté pour l'activité secondaire, celle de photographe... Au téléphone, on m'a brièvement répondu que les dossiers étaient traités par ordre d'arrivée, sans aucune visibilité sur les délais.

Marilyne et moi avons malgré tout pris une après-midi pour préparer nos futures prestations en binôme, en marge d'Espace Pose. Actuellement, j'espère pouvoir commencer le programme à la rentrée de septembre.

Des photos et des conflits

Que serait le milieu photographique de Bourgogne sans conflits ? Bien meilleur.

Après avoir coupé mes cheveux en dégradé selon ce tutoriel, je me suis rendue au shooting edito mariage organisé par Marion avec Nathan, le modèle recommandé par son amoureuse Ludivine pour jouer le marié. Petit détail amusant, même si nous ne nous connaissions aucun lien de parenté, nous avions déjà le même nom de famille... En tout cas, ce fut une belle rencontre. Durant l'aller et le retour en voiture, nous nous sommes raconté des épisodes où se mélangeaient groupe d'amis et mondanités photographiques, notamment les plus difficiles. Certaines anecdotes m'ont confortée dans l'idée d'éviter de faire aveuglément confiance par procuration.

J'ai assisté Marilyne pour une séance en forêt, avec la gracieuse Bibesia que j'ai rencontrée le même jour. Ce fut l'occasion de revenir sur le scandale du projet Sororité, dont j'entends parler depuis les premiers messages de mise en œuvre.

J'ai posé pour Romain, que j'avais rencontré au préalable durant l'hiver autour d'un café. Ce fut une après-midi très sympathique qui a terminé en debrief de nos projets à la Causerie des Mondes. Là aussi, ce fut une occasion de brasser tout ce qu'il y a de négatif dans les rapports photographe-modèle dans la région, mais Romain m'a encouragée à poursuivre le projet Espace Pose.

J'ai posé pour Marilyne, une séance express dans un champ de coquelicots. Enfin, ce qu'il en restait... Elle m'a fait part de quelques lectures à ce sujet, la difficulté à conserver des jolis paysages sauvages depuis que tout le monde partage toutes les localisations "instagramables" sur les réseaux publics.

J'ai reçu des nouvelles pour l'exposition qui se tiendra au Château de Pouilly. Des nouvelles qui auraient dû être bonnes, puisque les dates étaient enfin calées, des mois après les prises de vue... Sauf que dans l'autorisation que l'on m'a demandé de signer pour céder mon image à l'association, figure une clause de vente dont je n'avais jamais eu vent auparavant. Les négociations sont en cours, et c'est un épisode franchement désagréable... je m'exprimerai à nouveau dessus lorsque j'aurai clarifié les leçons à en tirer.

15
Mar
2023

Faire Beau et dire Vrai

Après un mois et demi à créer du contenu pour Espace Pose, je lance un canal privé Telegram pour y compléter les généralités inclusives que nous communiquons pour tout public.

Je raconterai plus en détail la séance avec j'illustre cette annonce dans un prochain article, en tout cas avec le tournage du prochain tutoriel, je commence à prendre mes marques avec ShotCut et me trouve enfin dans la phase euphorique de la montée en compétence, qui suit celle beaucoup plus compliquée des débuts dans le doute.

Vous pouvez vous abonner à ce canal ici.

J'ai réfléchi à un petit texte d'introduction, exercice que je trouve toujours difficile lorsqu'il s'agit de me présenter moi-même, et que j'ai repris encore et encore pendant... presque un mois. C'est devenu un véritable motif d'introspection, durant laquelle j'ai cherché les constantes absolues de ma vie pour pouvoir énoncer les piliers de ce que j'exprime avec sincérité. Au final je ne l'aborderai pas explicitement, je pense, mais je le résumerai ici par : faire Beau et dire Vrai.

16
Jan
2023

Intuition et préjugés

Comme à tous les enfants éduqués pour devenir des adultes civilisés dans une société multiculturelle, on m'a appris que le préjugé était quelque chose de bête et mauvais. Et j'avais toutes les raisons de le penser car, à cette lointaine époque où mon frère et moi-même étions les seuls enfants asiatiques de la ville où nous grandissions, j'ai connu très tôt les surnoms moqueurs liés à mes origines, donnés par des enfants qui ne connaissaient parfois même pas mon prénom.

Alors de manière générale, je me disais qu'il ne fallait rien conclure sur quiconque au premier regard. Qu'il fallait avoir échangé dans de nombreuses conversations et partagé des expériences au sein d'activités communes, avant de prétendre pouvoir cerner les contours de sa personnalité, et développer une opinion pertinente.

Or, cela impliquait également de ne pas écouter cette sensation dans le ventre, ce mal-être indescriptible ou cette lumière intérieure qui me disaient à tour de rôle que je devais côtoyer davantage ce total inconnu ou ne surtout pas adresser la parole à cette amie d'ami.
D'ailleurs, les quelques fois où je les suivais, je pouvais découvrir plus tard que j'avais eu tort, alors à quoi bon leur accorder le moindre crédit ?

Durant ma vingtaine, années d'exploration de milieux variés en parallèle de mes études un peu chaotiques, j'étais une grande adepte de la déconstruction.
J'adorais tester les personnes que je rencontrais sur la racine de leurs idées pas si réfléchies, de leurs acquis pas si solides, de tout ce qui fondait leur modélisation du monde et de l'autre. Je tirais une grande satisfaction à illustrer la dénonciation des stéréotypes avec ma propre personne, une femme dans un métier d'homme.

Et puis, j'ai bien fini par tomber sur des personnes qui assumaient de n'avoir aucune démonstration logique à me donner... et auxquelles le temps donnait raison.

Aujourd'hui, j'écoute davantage mon intuition, du moins les fois où elle hurle déraisonnablement ; car toutes les rencontres où j'ai ressenti un rejet énorme face à quelqu'un, ont été suivies quelques mois plus tard d'un acte d'une grande lâcheté, une trahison dont la bassesse semblait pourtant inimaginable aux yeux de notre entourage commun.

J'ignore souvent quel est le chemin emprunté dans mon inconscient pour me dire de fuir une situation qui ne présente vraisemblablement rien de dangereux... Toujours est-il que face à l'inconnu, il y a une différence notable entre l'intuition d'un adulte et les préjugés d'un enfant : l'expérience.

Finalement, une intuition fiable ne se développe-t-elle pas en cumulant de nombreux préjugés ?

01
Jan
2023

Tenir un journal

J'ai été moins assidue ces dernières semaines à écrire dans ce blog. Non pas par manque d'évènements à raconter ou d'idées à développer, en réalité c'est le contraire : je pars dans tous les sens et je perds le fil de beaucoup de choses, à mon grand désarroi. Je me dis que tenir un journal, même public et donc un minimum pudique, me permettait à la fois d'ordonner mes priorités et de me souvenir de tout ce qui compte... D'autant que ces derniers jours, lorsque je décidais d'écrire un petit article, j'avais tant de choses en tête que je ne parvenais même plus à choisir un sujet, et c'est ainsi que j'avortais toute initiative.

Alors pour ce premier jour de 2023, je décide de rompre le cycle, voici des idées volantes et des histoires en vrac.

Les évolutions relationnelles

En ce 1er janvier 2023, toutes les personnes avec qui j'ai discuté m'ont parlé de colère, de déception et d'amertume qui avaient mis fin à des amitiés de très longue date.

Avec l'une, nous avons évoqué d'autres formes d'inspiration sur les réseaux sociaux que le succès, comme les difficultés et les échecs sur le chemin qui y mène. J'aurais pu ajouter, si la conversation avait duré plus longtemps, que même auprès de certains proches, minimiser mes efforts, mes doutes et mes coups durs avait pu avoir pour effet de donner l'impression que tout ce que j'avais réussi était beaucoup dû à la chance, que c'était plus facile pour moi... là où je constatais qu'ils n'accomplissaient rien en n'ayant même pas essayé. Alors, sans regarder le verre à moitié vide et sombrer dans la complainte, je pense que cela peut être bénéfique pour tout le monde de partager plus que les réussites qu'on mettrait sur un CV.

Avec une autre, nous avons constaté une similarité dans l'évolution de notre vie sociale, celle de désormais prioriser le respect d'autrui à la compréhension intime et fusionnelle.

De mon côté, les deux grandes leçons de cette année étaient de comprendre que c'était une bonne chose de mettre fin à mon syndrome du sauveur, mais que cela ne changeait rien au syndrome de la victime de mes anciens amis.

La petite voix

Ce 31 décembre 2022, j'ai choisi de le passer seule à la maison. Ni famille, ni amis, ni amoureux, juste mon chat heureux de me retrouver après mon absence du réveillon de Noël. Avoir régulièrement des demi-journées pour moi dans mon atelier participe indiscutablement à mon équilibre, mais être seule avec moi-même plusieurs jours d'affilée m'apporte des ressources indescriptibles, comme si je pouvais enfin effleurer une plénitude que je ne peux entrevoir autrement. Depuis que je vis en couple, même si j'adore cela, je dois désormais provoquer ces périodes, et c'est ce que j'ai fait pour ce changement d'année.

Être seule pendant plusieurs jours me permet de jauger comment je me sens en ma propre compagnie, et ensuite de clarifier mon positionnement dans ma propre vie. Alors pour ce dernier jour de solitude, je peux affirmer avec certitude que je suis heureuse d'être qui je suis, où je suis, avec qui je suis, et j'espère que cet équilibre, stable de par les bases qui constituent ma vie actuelle, continuera de réguler le chaos en moi.

La confiance

J'ai donné une petite formation à toute une équipe de développeurs durant mon dernier séjour professionnel à Lyon. J'ai gagné une grande assurance comme en témoigne cette photo prise durant la dernière soirée. J'ai commencé ma carrière d'ingénieur avec un gigantesque syndrome de l'imposteur suivi d'un burn-in, 8 ans plus tard je me sens parfaitement à ma place.

La santé

Je suis revenue de Lyon plus tôt que prévu, ayant côtoyé un collègue qui s'est avéré positif au Covid. Si j'ai échappé à ce dernier, j'ai eu en revanche une bonne crève que j'ai transmise à mon compagnon. J'ai pu guérir pour l'essentiel en un weekend et reprendre le travail normalement, tandis que mon compagnon, habituellement bien moins malade que moi, est à l'heure actuelle encore souffrant. Si je me désole de son épuisement, je me réjouis de constater que les mesures que je prends depuis trois ans pour renforcer mon immunité semblent payer.

Autre anecdote, un ami m'a demandé aujourd'hui ce que je voulais qu'il me souhaite pour cette année. J'ai longtemps hésité entre différentes options, mais pas un instant je n'ai songé à répondre "guérir". A croire que la guérison définitive est acquise dans mon inconscient.

La gestation

Durant le mois de décembre, j'ai eu la chance de vivre une transformation bouleversante durant une formation de Lenka Lutonska, qui par ailleurs fait écho à celle avec Marisa Peer durant le premier confinement, de par le discours comme les déclics pendant les séances d'hypnose. Lenka compare la gestation d'un projet à une grossesse :
— il n'y a besoin ni de "faire" en permanence, ni de comprendre dans le détail comment cela fonctionne pour permettre à l'Univers d'œuvrer à travers soi
— pour autant, on se prépare activement à recevoir le miracle, le temps qu'il nécessite pour se produire

Alors, je sais que je ne suis plus dans le bon état d'esprit depuis que je m'éparpille, et il me faudra m'acclimater à tous ces flots de pensée ; mais les interruptions urgentes ne doivent pas me détourner du plus important : la musique.

Alors que nous passions de 2022 à 2023, j'étais sur Musescore à prendre sous la dictée des chansons dont je veux filmer une petite reprise depuis des années ; et si je n'ai pas commencé les enregistrements eux-mêmes, je sais qu'ils seront bien plus aisés en ayant une partition ; et si je n'ai pas commencé à écrire les mélodies qui m'habitent et me réveillent aléatoirement depuis ma plus tendre enfance, je les entends plus régulièrement lorsque j'écoute attentivement des morceaux qui touchent mon âme.

21
Dec
2022

Ce que j'ai appris de mon hypothyroïdie

Aujourd'hui commence l'hiver 2022, et nous sommes à exactement six mois du jour où j'ai reçu le résultat des analyses hormonales les plus poussées que j'ai jamais faites. Elles annonçaient une hypothyroïdie assez sévère doublée d'une petite fatigue surrénale, constituant par ailleurs des facteurs certains des récidives de mon SIBO.

Beaucoup de médecins se contentent de mauvais indicateurs

Avant de rencontrer mon médecin fonctionnel actuel, les suspicions d'hypothyroïdie à mon encontre s'arrêtaient après un simple dosage de la TSH (thyroid-stimulating hormone). Non seulement les normes actuelles sont trop larges, mais de plus, une TSH impeccable n'indique rien de la conversion de la T4 (thyroxine, hormone thyroïdienne peu active) en T3 (triiodothyronine, hormone thyroïdienne active). Il convient donc de doser également et surtout la T4 libre, la T3 libre et la T3 reverse.

Ajoutons à cela que tout souci de santé est une affaire de symptômes avant les chiffres. Des analyses sans anomalie ne prouvent pas que l'on a zéro souci, uniquement que l'on n'a rien détecté. Malheureusement, on se voit beaucoup trop souvent dire que tout est dans la tête sur la seule base d'examens encourageants, alors qu'on se tord de douleur, qu'on ne digère plus rien, qu'on se restreint à une demi-vie.

Ce n'était ni le psychologisme, ni le capitalisme

Toute personne m'ayant côtoyée durant ma vingtaine m'a connue dans cet "état ralenti", dans lequel je me trouvais depuis si longtemps qu'il constituait ma norme. Outre tous les symptômes classiques comme le corps froid, les migraines, les douleurs musculaires, le réveil difficile... je me sentais souvent faible, dénuée d'énergie et de volonté, dans une sorte de torpeur permanente. Je culpabilisais d'être un poids pour mes camarades de classe, mes colocataires, mes amis, en me condamnant moi-même à l'impuissance ; mes échecs réguliers entretenaient un cercle vicieux de manque de foi et d'abandon prématuré, dans tout ce que j'entreprenais.

Or, entre la moitié de mon entourage qui attribuait cela à un manque d'ambition et le réduisait à sa dimension psychologique, et l'autre moitié qui ramenait tout au capitalisme et autre coupable systémique, je ne m'étais jamais dit que mon métabolisme était déréglé.

Un trouble mental se soigne aussi par le corps

Bien sûr, ce fameux "état ralenti" était multifactoriel, et il est difficile de démêler certaines corrélations des causalités. Mais il est intéressant d'en isoler certaines pour réaliser le poids de chacune. J'ai commencé à traiter cette hypothyroïdie trois ans après avoir cessé de prioriser la souffrance du monde, deux ans après avoir changé radicalement d'environnement — lieu de vie et entourage. Le gain d'énergie et de bien-être a été impressionnant à chaque étape, et vraiment spectaculaire sur la dernière.

J'en tire aujourd'hui la compréhension de l'écrasante pénibilité ressentie pendant les dix années les plus difficiles de ma vie, et le soulagement d'en être sortie.

28
Oct
2022

Minimalisme

Mon petit projet shanmoue.eu vient de changer d'hébergeur, désormais basé en Lituanie (mais toujours hébergé en France). J'apprécie déjà que les chargements passent d'une durée de plus de dix secondes à la quasi-instantanéité !

J'aimais bien l'idée de l'entreprise française qui abriterait mes données localement ; mais après avoir pris le temps de fouiller les causes de lenteur de chargement de ce blog, pourtant conçu pour être léger avant tout, j'ai réalisé qu'il lui fallait un autre type de matériel. Un abonnement plus cher m'y aurait donné accès parmi toutes les options supplémentaires incluses, mais c'était au-dessus du budget que je m'étais fixé pour quelque chose dont les seules fonctions sont la prise de note et la vitrine, et qui n'a donc pas besoin d'autant de ressources — simplement d'outils adaptés.

Je profite de cet événement pour introduire un concept qui a longtemps fait partie de ma vie sous forme de renonciation, mais dont je tire aujourd'hui une aide à un grand bien-être : le mode de vie minimaliste.

De la privation punitive...

Jusqu'à il y a quelques années, j'analysais toute consommation au travers du prisme de l'empreinte écologique. À chaque occasion de faire les courses à mon épicerie bio, je passais devant son panneau qui affichait une citation adaptée de Gandhi : "Montrer l'exemple n'est pas le meilleur moyen de changer le monde, c'est le seul". Elle illustrait bien ma démarche du quotidien, dans laquelle je comptais ce que je coûtais à la planète et manquais de plaisirs même simples, tout en étant fautive de ne pas avoir su rester irréprochable.

Changer le monde par ma consommation individuelle, je trouve cela extraordinairement prétentieux aujourd'hui, reste que le poids de ma culpabilité était proportionnel à la réalité de mon impuissance à cette échelle.

... à la sobriété émancipatrice

J'ai tout de même conservé des pratiques de cette époque pour leurs effets bénéfiques, sans la mentalité morbide de course à la pureté.
Les personnes que je vois parler du minimalisme insistent sur le mal que l'on fait à la planète avec nos déchets, notre plastique, nos vêtements, notre nourriture, nos produits d'hygiène... mais je préfère mettre en avant le bien que l'on se fait à soi-même, instantanément, lorsque l'on repère et change ce qui, dans notre environnement immédiat et palpable, nous encombre anormalement et nous vide d'une immense énergie de vivre.

Le principe que j'applique, en le suivant comme un guide plutôt que comme un pilier moral, est que le matériel doit amener plus de confort que de contrainte. Et son corollaire, ne jamais avoir deux choses qui remplissent une même fonction au même endroit.

J'en tire toute l'énergie annoncée, ainsi que l'espace physique et mental promis ; sans me sacrifier dans l'austérité.

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