20
Jan
2023

Portraits de rencontre : Clémentine

J'ai rencontré Clémentine la semaine dernière. Elle m'avait contactée suite à mon annonce pour mes projets photographiques de 2023. J'imaginais un duo aux interactions inspirées d'ombres chinoises, pour lequel j'avais ma première modèle, et je cherchais donc une deuxième personne de morphologie similaire.

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Clémentine s'est révélée être une compagnie très douce, apaisante, en dépit de sa curiosité semi-dissimulée et des éléments de vie instables. Elle fait désormais partie des intéressées par mon idée d'ateliers pour modèles.

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Modèle : Clémentine Huet

16
Jan
2023

Intuition et préjugés

Comme à tous les enfants éduqués pour devenir des adultes civilisés dans une société multiculturelle, on m'a appris que le préjugé était quelque chose de bête et mauvais. Et j'avais toutes les raisons de le penser car, à cette lointaine époque où mon frère et moi-même étions les seuls enfants asiatiques de la ville où nous grandissions, j'ai connu très tôt les surnoms moqueurs liés à mes origines, donnés par des enfants qui ne connaissaient parfois même pas mon prénom.

Alors de manière générale, je me disais qu'il ne fallait rien conclure sur quiconque au premier regard. Qu'il fallait avoir échangé dans de nombreuses conversations et partagé des expériences au sein d'activités communes, avant de prétendre pouvoir cerner les contours de sa personnalité, et développer une opinion pertinente.

Or, cela impliquait également de ne pas écouter cette sensation dans le ventre, ce mal-être indescriptible ou cette lumière intérieure qui me disaient à tour de rôle que je devais côtoyer davantage ce total inconnu ou ne surtout pas adresser la parole à cette amie d'ami.
D'ailleurs, les quelques fois où je les suivais, je pouvais découvrir plus tard que j'avais eu tort, alors à quoi bon leur accorder le moindre crédit ?

Durant ma vingtaine, années d'exploration de milieux variés en parallèle de mes études un peu chaotiques, j'étais une grande adepte de la déconstruction.
J'adorais tester les personnes que je rencontrais sur la racine de leurs idées pas si réfléchies, de leurs acquis pas si solides, de tout ce qui fondait leur modélisation du monde et de l'autre. Je tirais une grande satisfaction à illustrer la dénonciation des stéréotypes avec ma propre personne, une femme dans un métier d'homme.

Et puis, j'ai bien fini par tomber sur des personnes qui assumaient de n'avoir aucune démonstration logique à me donner... et auxquelles le temps donnait raison.

Aujourd'hui, j'écoute davantage mon intuition, du moins les fois où elle hurle déraisonnablement ; car toutes les rencontres où j'ai ressenti un rejet énorme face à quelqu'un, ont été suivies quelques mois plus tard d'un acte d'une grande lâcheté, une trahison dont la bassesse semblait pourtant inimaginable aux yeux de notre entourage commun.

J'ignore souvent quel est le chemin emprunté dans mon inconscient pour me dire de fuir une situation qui ne présente vraisemblablement rien de dangereux... Toujours est-il que face à l'inconnu, il y a une différence notable entre l'intuition d'un adulte et les préjugés d'un enfant : l'expérience.

Finalement, une intuition fiable ne se développe-t-elle pas en cumulant de nombreux préjugés ?

01
Jan
2023

Tenir un journal

J'ai été moins assidue ces dernières semaines à écrire dans ce blog. Non pas par manque d'évènements à raconter ou d'idées à développer, en réalité c'est le contraire : je pars dans tous les sens et je perds le fil de beaucoup de choses, à mon grand désarroi. Je me dis que tenir un journal, même public et donc un minimum pudique, me permettait à la fois d'ordonner mes priorités et de me souvenir de tout ce qui compte... D'autant que ces derniers jours, lorsque je décidais d'écrire un petit article, j'avais tant de choses en tête que je ne parvenais même plus à choisir un sujet, et c'est ainsi que j'avortais toute initiative.

Alors pour ce premier jour de 2023, je décide de rompre le cycle, voici des idées volantes et des histoires en vrac.

Les évolutions relationnelles

En ce 1er janvier 2023, toutes les personnes avec qui j'ai discuté m'ont parlé de colère, de déception et d'amertume qui avaient mis fin à des amitiés de très longue date.

Avec l'une, nous avons évoqué d'autres formes d'inspiration sur les réseaux sociaux que le succès, comme les difficultés et les échecs sur le chemin qui y mène. J'aurais pu ajouter, si la conversation avait duré plus longtemps, que même auprès de certains proches, minimiser mes efforts, mes doutes et mes coups durs avait pu avoir pour effet de donner l'impression que tout ce que j'avais réussi était beaucoup dû à la chance, que c'était plus facile pour moi... là où je constatais qu'ils n'accomplissaient rien en n'ayant même pas essayé. Alors, sans regarder le verre à moitié vide et sombrer dans la complainte, je pense que cela peut être bénéfique pour tout le monde de partager plus que les réussites qu'on mettrait sur un CV.

Avec une autre, nous avons constaté une similarité dans l'évolution de notre vie sociale, celle de désormais prioriser le respect d'autrui à la compréhension intime et fusionnelle.

De mon côté, les deux grandes leçons de cette année étaient de comprendre que c'était une bonne chose de mettre fin à mon syndrome du sauveur, mais que cela ne changeait rien au syndrome de la victime de mes anciens amis.

La petite voix

Ce 31 décembre 2022, j'ai choisi de le passer seule à la maison. Ni famille, ni amis, ni amoureux, juste mon chat heureux de me retrouver après mon absence du réveillon de Noël. Avoir régulièrement des demi-journées pour moi dans mon atelier participe indiscutablement à mon équilibre, mais être seule avec moi-même plusieurs jours d'affilée m'apporte des ressources indescriptibles, comme si je pouvais enfin effleurer une plénitude que je ne peux entrevoir autrement. Depuis que je vis en couple, même si j'adore cela, je dois désormais provoquer ces périodes, et c'est ce que j'ai fait pour ce changement d'année.

Être seule pendant plusieurs jours me permet de jauger comment je me sens en ma propre compagnie, et ensuite de clarifier mon positionnement dans ma propre vie. Alors pour ce dernier jour de solitude, je peux affirmer avec certitude que je suis heureuse d'être qui je suis, où je suis, avec qui je suis, et j'espère que cet équilibre, stable de par les bases qui constituent ma vie actuelle, continuera de réguler le chaos en moi.

La confiance

J'ai donné une petite formation à toute une équipe de développeurs durant mon dernier séjour professionnel à Lyon. J'ai gagné une grande assurance comme en témoigne cette photo prise durant la dernière soirée. J'ai commencé ma carrière d'ingénieur avec un gigantesque syndrome de l'imposteur suivi d'un burn-in, 8 ans plus tard je me sens parfaitement à ma place.

La santé

Je suis revenue de Lyon plus tôt que prévu, ayant côtoyé un collègue qui s'est avéré positif au Covid. Si j'ai échappé à ce dernier, j'ai eu en revanche une bonne crève que j'ai transmise à mon compagnon. J'ai pu guérir pour l'essentiel en un weekend et reprendre le travail normalement, tandis que mon compagnon, habituellement bien moins malade que moi, est à l'heure actuelle encore souffrant. Si je me désole de son épuisement, je me réjouis de constater que les mesures que je prends depuis trois ans pour renforcer mon immunité semblent payer.

Autre anecdote, un ami m'a demandé aujourd'hui ce que je voulais qu'il me souhaite pour cette année. J'ai longtemps hésité entre différentes options, mais pas un instant je n'ai songé à répondre "guérir". A croire que la guérison définitive est acquise dans mon inconscient.

La gestation

Durant le mois de décembre, j'ai eu la chance de vivre une transformation bouleversante durant une formation de Lenka Lutonska, qui par ailleurs fait écho à celle avec Marisa Peer durant le premier confinement, de par le discours comme les déclics pendant les séances d'hypnose. Lenka compare la gestation d'un projet à une grossesse :
— il n'y a besoin ni de "faire" en permanence, ni de comprendre dans le détail comment cela fonctionne pour permettre à l'Univers d'œuvrer à travers soi
— pour autant, on se prépare activement à recevoir le miracle, le temps qu'il nécessite pour se produire

Alors, je sais que je ne suis plus dans le bon état d'esprit depuis que je m'éparpille, et il me faudra m'acclimater à tous ces flots de pensée ; mais les interruptions urgentes ne doivent pas me détourner du plus important : la musique.

Alors que nous passions de 2022 à 2023, j'étais sur Musescore à prendre sous la dictée des chansons dont je veux filmer une petite reprise depuis des années ; et si je n'ai pas commencé les enregistrements eux-mêmes, je sais qu'ils seront bien plus aisés en ayant une partition ; et si je n'ai pas commencé à écrire les mélodies qui m'habitent et me réveillent aléatoirement depuis ma plus tendre enfance, je les entends plus régulièrement lorsque j'écoute attentivement des morceaux qui touchent mon âme.

21
Dec
2022

Ce que j'ai appris de mon hypothyroïdie

Aujourd'hui commence l'hiver 2022, et nous sommes à exactement six mois du jour où j'ai reçu le résultat des analyses hormonales les plus poussées que j'ai jamais faites. Elles annonçaient une hypothyroïdie assez sévère doublée d'une petite fatigue surrénale, constituant par ailleurs des facteurs certains des récidives de mon SIBO.

Beaucoup de médecins se contentent de mauvais indicateurs

Avant de rencontrer mon médecin fonctionnel actuel, les suspicions d'hypothyroïdie à mon encontre s'arrêtaient après un simple dosage de la TSH (thyroid-stimulating hormone). Non seulement les normes actuelles sont trop larges, mais de plus, une TSH impeccable n'indique rien de la conversion de la T4 (thyroxine, hormone thyroïdienne peu active) en T3 (triiodothyronine, hormone thyroïdienne active). Il convient donc de doser également et surtout la T4 libre, la T3 libre et la T3 reverse.

Ajoutons à cela que tout souci de santé est une affaire de symptômes avant les chiffres. Des analyses sans anomalie ne prouvent pas que l'on a zéro souci, uniquement que l'on n'a rien détecté. Malheureusement, on se voit beaucoup trop souvent dire que tout est dans la tête sur la seule base d'examens encourageants, alors qu'on se tord de douleur, qu'on ne digère plus rien, qu'on se restreint à une demi-vie.

Ce n'était ni le psychologisme, ni le capitalisme

Toute personne m'ayant côtoyée durant ma vingtaine m'a connue dans cet "état ralenti", dans lequel je me trouvais depuis si longtemps qu'il constituait ma norme. Outre tous les symptômes classiques comme le corps froid, les migraines, les douleurs musculaires, le réveil difficile... je me sentais souvent faible, dénuée d'énergie et de volonté, dans une sorte de torpeur permanente. Je culpabilisais d'être un poids pour mes camarades de classe, mes colocataires, mes amis, en me condamnant moi-même à l'impuissance ; mes échecs réguliers entretenaient un cercle vicieux de manque de foi et d'abandon prématuré, dans tout ce que j'entreprenais.

Or, entre la moitié de mon entourage qui attribuait cela à un manque d'ambition et le réduisait à sa dimension psychologique, et l'autre moitié qui ramenait tout au capitalisme et autre coupable systémique, je ne m'étais jamais dit que mon métabolisme était déréglé.

Un trouble mental se soigne aussi par le corps

Bien sûr, ce fameux "état ralenti" était multifactoriel, et il est difficile de démêler certaines corrélations des causalités. Mais il est intéressant d'en isoler certaines pour réaliser le poids de chacune. J'ai commencé à traiter cette hypothyroïdie trois ans après avoir cessé de prioriser la souffrance du monde, deux ans après avoir changé radicalement d'environnement — lieu de vie et entourage. Le gain d'énergie et de bien-être a été impressionnant à chaque étape, et vraiment spectaculaire sur la dernière.

J'en tire aujourd'hui la compréhension de l'écrasante pénibilité ressentie pendant les dix années les plus difficiles de ma vie, et le soulagement d'en être sortie.

10
Dec
2022

La Louve

Sans m'y identifier, j'ai toujours eu un grand attachement à la figure du loup.

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Léto, Vritra, Lug, Fenrisúlfr... mais aussi Mononoké, fille de Thorgal ou figurant de la dix-huitième lame.

J'ai cherché pendant trois ans une modèle pour donner corps à ce balancier entre notre animalité et notre spiritualité que représente pour moi le loup : compagnon de la lune et gardien des désirs enfouis, tantôt tapi dans l'ombre des dieux, tantôt en guerre ouverte contre le soleil.

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J'ai contacté une modèle parfaite pour le rôle lorsque j'ai déniché la (fausse) fourrure. Encouragée par son retour enthousiaste, je me suis procuré des boucles d'oreilles de nacre. J'avais en tête une image particulièrement précise, un profil méditatif avec une pleine lune éclatante au centre.

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Hélas, au moment précis de discuter de la date, je n'ai plus eu de réponse. J'étais alors convaincue que ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle sorte de son silence, mais six mois plus tard, je me suis résignée.

Puis, l'été suivant, j'ai été contactée par une comédienne sublime, dont le regard intense et les attitudes collaient parfaitement. Elle aussi a répondu à ma proposition avec un ravissement très engageant. Nous avons convenu de fixer la date à son retour du festival d'Avignon... suite auquel elle m'a avoué avoir besoin de repos.

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Malgré ces déceptions consécutives, j'ai décidé de croire que l'Univers me réservait, pour le moment venu, une modèle merveilleuse, à la hauteur de la longue et patiente préparation que je consacrais à ce projet, et ai patiemment continué de collecter des accessoires chez des artisans et petits créateurs.

A l'automne, j'ai rencontré Marilyne, que je ne vous présente plus. Au mois de novembre, elle m'a indiqué avoir découvert dans Dijon un spot qui pouvait me plaire, avec de l'eau et des arbres. Et en effet, c'était le décor parfait, que Marilyne a habité avec une grâce et une énergie prodigieuses malgré l'humidité et le froid glacial.

Ma Louve conçue il y a trois ans a mûri lentement, très lentement, pour enfin se montrer en cette journée fantastique.

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Modèle et maquillage : Marilyne Dugé
Assistant : Fabien Ramradj
Diadème : Lola White
Boucles d'oreilles : Happy Plage
Collier : Gaïa Experience
Bagues d'ongles : Myril Jewels
Robe : vintage

07
Dec
2022

Adventice

Mes premières idées autour de ce petit projet fleuri ont germé il y a huit mois, mais c'est durant les deux mois où je l'ai réalisé que son sens m'est apparu.

Je souffre d'hyperandrogénie depuis la puberté. Je dis "souffre" car depuis quelques années, cet excès de testostérone est devenu invivable. Après m'être retrouvée pour la deuxième fois aux urgences, j'ai accepté la nécessité de mon hormonothérapie et cessé de résister à l'exacerbation des manifestations, dirais-je, féminines, qui l'accompagnent – physiques mais aussi psychiques. Au sein de cette démarche de les accueillir et vivre en harmonie avec elles, le désir de les représenter en image a doucement grandi.

J'avais, dans mon carnet de croquis, dessiné des visages avec des petites fleurs éparpillées autour des yeux et de plus grandes autour des épaules, annotés avec les termes "beauté", "chatoyant", "étrange". Ayant à cette période encore très peu de modèles fiables à Dijon dans mes contacts, je gardais ce petit projet pour plus tard... mais alors que je devais rencontrer Noure autour de portraits classiques, je suis passée à côté de boutons d'or et ai eu l'intuition très forte que le jaune lui irait sûrement. Alors j'en ai cueilli trois.

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Ces portraits de rencontre devenus des tests pour mon idée fleurie, ont finalement donné ma première photo finale pour le projet. C'est en la traitant que j'ai décidé que ce serait un triptyque avec deux couleurs primaires sur chaque portrait. Je me suis donc mise en quête de trouver les deux modèles, les deux robes, et le plus difficile, les fleurs bleues et rouges pour les deux photos restantes.

J'ai proposé à Inès de poser pour le triptyque, et j'ai trouvé ma troisième modèle grâce à une annonce dans laquelle j'expliquais chercher une orientale aux cheveux longs. Au départ, je m'imposais ces critères dans le but de conserver une certaine homogénéité avec Noure ; désormais, j'y vois une évocation de ma mère.

La partie la plus étonnante de cette aventure concerne les fleurs.

Pour ne prendre aucun risque, j'avais demandé à mon conjoint de m'emmener à une jardinerie, quatre jours avant la séance avec Inès et une semaine avant la séance avec Delphine. Pour le rouge, des petites fleurs de verveine me convenaient bien, mais pour le bleu, la saison des myosotis venant juste de se terminer, le choix était limité aux hortensias... j'en ai ramené un pot sans grande conviction. La veille de la séance avec Inès, je me suis rendue chez plusieurs fleuristes, toutes m'ont soutenu que les seules fleurs bleues que je trouverais étaient teintes et je me suis résolue à devoir être créative avec la massivité des hortensias.

Le jour de la séance avec Inès, sur le chemin pour la rejoindre, je suis passée devant le coin de pelouse où j'avais cueilli les boutons d'or... où de nouvelles fleurs sauvages avaient poussé. Des fleurs bleues. Je les ai cueillies en remerciant le ciel. J'ai raconté ce coup de chance à Inès avec un grand soulagement, tout en disposant les fleurs pour souligner son regard d'oiseau.

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Mon enthousiasme a été douché le soir-même : la canicule finissait de dessécher la verveine, à mon grand désespoir.

La veille de la séance avec Delphine, j'étais sur le point de lui envoyer un message pour repousser la séance lorsque, en passant près du fameux coin de pelouse, des points rouges ont attiré mon attention. En m'approchant, je les ai vues, les fleurs rouges qui me manquaient, apparues durant les trois jours qui séparaient la séance avec Inès et la séance avec Delphine.

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Ces miracles consécutifs tourbillonnaient dans ma tête en traitant les deux dernières photos. Par le plus pur des hasards, cela correspondait parfaitement à cette féminité que j'apprivoisais sur le tard, que j'héritais de ma mère sans qu'elle me la transmette intentionnellement, que je voyais surgir indépendamment de ma volonté, que je symbolisais au travers de ces mauvaises herbes colorées. C'est ainsi que m'est venu le titre "Adventice".

Ce qui n'est pas naturellement dans une chose, survenant du dehors, accidentel. Qui croît sans avoir été semée.

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Modèles : Noure Naaimi, Inès Amoura, Delphine Tran

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