21
Feb
2024

外婆

En Chine, on ne place pas nos aînés en maison de retraite, ils vivent avec leurs enfants et élèvent avec eux leurs propres enfants.

La grand-mère qui m'a élevée est partie brutalement la semaine dernière, auprès de mes tantes à Wuhan. Nous n'avons pas pu lui dire au revoir, nous ne pourrons pas déposer d'offrandes sur son autel, et surtout, pour la première fois de ma vie, je dois vivre le deuil sans pouvoir me recueillir devant la dépouille.

J'ai échangé avec une demi-douzaine de personnes ayant elles aussi perdu quelqu'un sans pouvoir voir le corps. Des histoires poignantes et des regrets.

Le meilleur conseil que j'ai reçu m'a été donné par ma cousine Cécile : faire le deuil dans la matière. S'il n'est que dans ma tête, comme une théorie qu'on pourrait remettre en question, je ne pourrais pas rompre le cycle progressivement infernal des périodes où la personne ne semble pas vraiment partie suivies de celles où je réalise à nouveau son départ.

Alors, je prévois d'organiser des funérailles chez moi, seule, en me représentant son corps au travers d'un portrait tiré sur du papier de soie. Et pour m'adresser à elle dans la seule langue que l'on a partagée, je réapprends le mandarin en chantant des comptines chinoises.

01
Jan
2024

Écouter le corps

Depuis mon hospitalisation, il m'a fallu m'adapter non seulement au fait d'être diminuée sans en connaître la raison, mais aussi à ce que mes états émotionnels les plus intimes se traduisent désormais en états corporels. J'ai des amis qui somatisent tout, grâce auxquels j'ai depuis longtemps connaissance de l'existence de ce phénomène, mais c'est autre chose de le subir soi-même, du jour au lendemain.

La première année, comme mes amis, je le vivais comme un véritable handicap dont je me serais bien passée : c'est déjà pénible en soi de ressentir de l'angoisse ou de la colère, alors pourquoi en rajouter une couche avec des problèmes de peau, d'articulation ou de digestion...

J'ai commencé à changer de point de vue lorsque j'ai déménagé à Dijon, loin de la frénésie et de l'insécurité de Guillotière. Oui, les maux de dos et de ventre que j'avais développés en conséquence de mon quotidien dans ce quartier étaient physiquement handicapants. Mais si cela avait été plus supportable, ne m'en serais-je pas accommodée, et me serais donc privée d'un meilleur environnement quelques années de plus ? C'était chaotique, inconfortable, mais cela m'a poussée pour le mieux.

Ma démarche générale a commencé par un retour au stoïcisme : accepter ces réactions corporelles que je ne peux pas changer, accueillir les crises tout comme les émotions désagréables qui doivent nous traverser avant de repartir ; et ensuite concentrer mon attention sur ce sur quoi je peux réellement agir.

Désormais, je me sers de cette sensibilité physique à la fois comme moteur pour une vie meilleure, et comme instrument de mesure de la justesse de mes choix. Depuis mes fiançailles, le dernier symptôme du SIBO qui subsistait a complètement disparu. Je vivais normalement depuis mon dernier traitement, je vis aujourd'hui comme si je n'avais jamais été malade.

28
Dec
2023

Bêtisier 2023

Cette année 2023 s'achève avec neuf vidéos à mon compteur : six tutoriels pour Espace Pose, entrecoupés de trois clips-backstages hybrides réalisés avec Marilyne.

Les défauts des premières vidéos me sautent plus que jamais aux yeux, mais c'est le signe d'une belle progression. J'ai coché toute la liste de compétences liées au montage que je voulais apprendre, et je n'en suis pas peu fière ! Je me heurte désormais aux limites de Shotcut concernant la précision de l'étalonnage, et à celles de mon ordinateur quant à la gestion des fichiers en 4k.

Ces vidéos représentaient de grands défis techniques dont j'aurais été incapable de prédire la réussite il y a un an. Mais ce dont je n'ai jamais douté, c'est qu'elles provoqueraient de très beaux rapprochements sur le plan humain. J'ai adoré travailler avec chaque contributrice, avec une gratitude toute particulière pour celle qui a assuré des maquillages sans défaut, a perfectionné les installations, est toujours restée patiente dans la bonne humeur et sans qui je ne me serais jamais lancée : Marilyne Dugé.

15
Dec
2023

Les bannis

Cette fin d'année 2023 est parsemée de mauvaises nouvelles dans mon entourage proche. Les diagnostics de maladies incurables tombent entre les annonces de séparations... Et pour ma part, les désillusions se sont accumulées dans un pilier professionnel qui durait depuis près de dix ans.

Mais les changements brutaux sont aussi l'occasion de faire table rase et d'avancer d'un grand pas.

J'ai désormais la chance inestimable de partager un nouveau foyer avec ma personne préférée, dans un lieu empreint d'histoire et de magie.

12
Dec
2023

Le repos de l'ange

J'ai de nombreuses tenues jamais shootées.

Je devais poser pour Marilyne dans la nature avec l'une d'elles, mais la météo était contre nous. Nous sommes donc parties sur le plan B, celui dans son studio avec son nouveau fond fleuri, et une autre de mes tenues désormais inaugurée : une robe en gaze de coton écru.

Cette séance a été la seule du mois de novembre à avoir été maintenue comme initialement prévu. En effet, j'ai enchaîné les soucis de santé et donc les reports, à mon grand désespoir. Pour celle-ci, j'étais encore malade, mais j'ai surveillé ma rémission et avalé un bon paquet de médicaments pour être sûre de tenir. J'ai tenu.

Marilyne m'a traitée avec ses attentions habituelles, mais pour une fois, je lui ai demandé de l'aide pour ce que je préparais habituellement moi-même, comme les ondulations de ma coiffure. J'avais souvent des pertes d'attention, et je craignais de me brûler. Cette séance a ainsi illustré la confiance particulière que j'ai en Marilyne, puisqu'avec la plupart des photographes, je ne me serais pas permis ces demandes et, pour éviter des risques d'accident, j'aurais encore une fois reporté la prise de vue.

Nous avons toutes les deux adoré le résultat. Non seulement j'en ai reçu plus que d'habitude, mais j'ai aussi commandé la retouche de clichés supplémentaires.

Nous avons également tourné une petite vidéo, entièrement réalisée par Marilyne. Une autre sortira dans le cadre d'Espace Pose ; affaire à suivre...

Photographe, MUAH : Marilyne Dugé

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